Ă€ propos du projet

Ă€ propos de Constance de Salm et de sa correspondance

Longtemps tombée dans l’oubli, puis redécouverte il y a quelques années, Constance de Salm (1767-1845) était pourtant une des plus grandes écrivaines de son temps. Elle naquit Constance Marie de Théis à Nantes et publia ses premiers essais dès l’âge de 18 ans. En 1974, le livret accompagnant le drame « Sapho » la fit connaître. Au cours de sa vie, elle ne cessait d’écrire et publia de nombreux poèmes ainsi qu’un roman (intitulé « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme sensible »). Les œuvres de Constance de Salm se rapportent à des sujets sociaux ou politiques, comme l’éducation de la femme et son rôle dans la société. Elle était en outre la première femme à faire partie du cercle parisien de l’Athénée des arts, une association d’artistes et de savants.

Son salon parisien réunissait un cercle d’amis illustres : des écrivains, comédiens, scientifiques et artistes s’y retrouvaient toutes les semaines pour discuter de l’actualité littéraire, théâtrale et politique, pour réciter des poèmes ou pour jouer de la musique. Les personnes qui fréquentaient ce salon étaient souvent des collègues professionnels, en plus d’être des amis. Le musicien Martini était le compositeur de la musique accompagnant « Sapho » ; et l’éditeur renommé, Didot, publiait un grand nombre de ses ouvrages. Un imprimé graphique conçu sous l’empire représente Constance de Salm entourée de ses nombreux amis épistolaires.

Constance de Salm eût une fille, Clémence Agathe (surnommée « Clémentine » ou « Minette », 1790-1820) avec son premier mari, le médecin Jean-Baptiste Pipelet. Elle divorça de ce dernier et épousa en 1803 le comte puis Duc Joseph de Salm-Reifferscheidt-Dyck. Désormais, elle partagea son temps entre le Château Dyck en Rhénanie, des visites dans sa demeure plus citadine à Aix-la-Chapelle, et Paris. Au cours des décennies suivantes, elle cultivait intensément ses relations épistolaires avec ses amis et connaissances parisiens.

Les correspondances permettaient Ă  Constance de Salm de crĂ©er et d’entretenir son rĂ©seau Ă©tendu. Grâce Ă  celles-ci, elle maintint des contacts et amitiĂ©s, fit avancer des projets de publication et se tint informĂ©e des nombreux aspects de la vie culturelle et sociale parisienne. Ces Ă©changes Ă©pistolaires prolongeaient les discussions menĂ©es dans le cercle de Constance de Salm, comme dans un « salon virtuel » (Christiane Coester). Ils permettent en outre un Ă©clairage unique de la vie culturelle et scientifique de l’époque et livrent des informations prĂ©cises sur les conditions et prĂ©requis d’une femme auteure. Par ailleurs, ces lettres mettent en perspective les divers mĂ©canismes de rĂ©seaux et de transferts entre la RhĂ©nanie et la France, au cours de la première moitiĂ© du XIXe siècle.

Une soirée chez la Princesse Constance de Salm en 1806 (Archives du Château Dyck)

La collection Ă©pistolaire et le projet de numĂ©risation des documents par l’Institut historique allemand de Paris

Constance de Salm Ă©tait persuadĂ©e que sa vaste collection d’Ă©changes Ă©pistolaires pourrait intĂ©resser le grand public. Elle fit des efforts pour publier ceux-ci sous forme d’ouvrage afin de les conserver pour la postĂ©ritĂ©. Un grand nombre de copies avait Ă©tĂ© prĂ©vu mais l’Ă©dition finale regroupait seulement une trentaine de lettres. L’Ă©dition complète, prĂ©vue sous le titre « Correspondance gĂ©nĂ©rale » n’a finalement jamais vu le jour.

Concernant la collection d’archives composĂ©e des correspondances entre Paris et la RhĂ©nanie, il s’agit d’un don fait aux Archives de la SociĂ©tĂ© des Amis du Vieux Toulon et de sa RĂ©gion. Ce don provient de la Baronesse de Montfort de Francq, une descendante de Constance de Salm. La fille de Constance de Salm, ClĂ©mence Agathe avait Ă©pousĂ© en 1812 un baron de Francq.

Ce fonds très abondant comprend environ 7000 lettres (originaux et copies), Ă  la fois reçues et envoyĂ©es par Constance de Salm a environ 150 correspondants. Il constitue la base du projet de numĂ©risation de l’Institut historique allemand de Paris qui a Ă©tĂ© initiĂ© en 2010 par Gudrun Gersmann, Ă  l’Ă©poque directrice de la maison. Le but de ce projet Ă©tait de mieux comprendre les correspondances de Constance de Salm et de les rendre plus accessibles Ă  la recherche scientifique. Pour ce faire, le fonds de Toulon a Ă©tĂ© entièrement photographiĂ© et numĂ©risĂ© en 2010 grâce Ă  l’initiative et aux moyens de l’IHA. Chaque lettre a ensuite Ă©tĂ© comptabilisĂ©e, enregistrĂ©e et reliĂ©e Ă  l’image correspondante avec un système de base de donnĂ©es scientifique. La base de donnĂ©es finale ainsi constituĂ©e en 2013 comportait tous les documents (lettres et actes) de Toulon, se rapportant Ă  Constance de Salm et son oeuvre. Plus tard, une documentation purement secondaire a Ă©tĂ© ajoutĂ©e (au sujet des descendants de la famille de Francq au XIXe siècle par exemple).

Élargissement du fonds

Au printemps 2013, Ă  la suite du travail de numĂ©risation du fonds toulonnais, une collection Ă©tendue de lettres et de documentation familiale a Ă©tĂ© trouvĂ©e. Il s’avère que cette collection provenait Ă©galement de Toulon et aurait Ă©tĂ© empruntĂ©e par un utilisateur de l’archive, qui ne l’a jamais retournĂ©.

La collection a Ă©tĂ© rachetĂ©e par les descendants de la famille Salm-Reifferscheidt-Dyck et a Ă©galement Ă©tĂ© numĂ©risĂ©e fin 2013, toujours grâce aux moyens mis Ă  disposition par l’IHA. Ensuite, un accord de coopĂ©ration entre l’Institut historique allemand et les Archives de noblesse unies de RhĂ©nanie (les archives du château Dyck leur appartiennent Ă©galement) Ă©tait Ă  l’origine d’un deuxième projet : grâce Ă  l’aide du Centre de Conseil et de Formation archivistique LVR qui a coordonnĂ© les Archives de noblesse unies de RhĂ©nanie, le deuxième fonds a pu ĂŞtre numĂ©risĂ© en 2014, Ă  l’image du premier.

Le fonds comprenant des manuscrits d’ouvrages, correspondances et documentations variĂ©es complète le fonds Salm et permet de voir l’Ă©crivaine sous un autre jour. En effet, le premier fonds excluait quasiment la pĂ©riode prĂ©-rĂ©volutionnaire et les annĂ©es de mariage avec Joseph de Salm-Reifferscheidt-Dyck. Cette lacune a pu ĂŞtre comblĂ©e grâce au deuxième fonds, comportant de nombreux documents se rapportant Ă  des affaires privĂ©es et familiales (divorce, remariage, procès de famille et mort violente de sa fille). De plus, il dispose de plusieurs volumes de copies de recensions de l’Ă©poque ainsi que de correspondances variĂ©es que l’auteure avait rassemblĂ©e en vue de la publication de son Ĺ“uvre (inachevĂ©e) de correspondances gĂ©nĂ©rales. Compte tenu du fait que de nombreux documents existent en double, le deuxième fonds n’a pas Ă©tĂ© numĂ©risĂ© dans son intĂ©gralitĂ©. L’accent a Ă©tĂ© mis sur les documents nouveaux ou les copies importantes, pouvant faciliter la lecture des originaux dĂ©jĂ  numĂ©risĂ©s.

La conception, numĂ©risation et publication ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s grâce Ă  l’outil FuD, crĂ©Ă© par l’UniversitĂ© de TrĂŞves.

2011-2013 : Groupe de projet composé de Florence de Peyronnet-Dryden, Eva Dade, Eva Knels et Hannah Schneider.

2014-2015 : Groupe de projet composé de Florence de Peyronnet-Dryden, Sabine Breihofer, Eva Dade et Alice Habersack.

Remaniement, curation des données numériques, FAIRification

Entre 2019 et 2021, le projet est entrĂ© dans une nouvelle phase : la base de donnĂ©es a Ă©tĂ© Ă©tendue et actualisĂ©e d’un point de vue technique. L’interface utilisateurs a Ă©tĂ© adaptĂ©e aux exigences actuelles, rĂ©amĂ©nagĂ©e et fonctionne dĂ©sormais sous WordPress. Une inscription prĂ©alable n’est plus nĂ©cessaire pour l’utilisation de la base de donnĂ©es et les scans sont consultables en ligne et sans filigrane. La traduction de tous les textes du site ainsi que des champs dans la base de donnĂ©es permet l’utilisation du site dans l’espace francophone. En outre, les donnĂ©es de numĂ©risation du projet ont Ă©tĂ© enrichies en donnĂ©es normĂ©es : les noms de personnes sont liĂ©es avec les entrĂ©es GND et VIAF et les donnĂ©es gĂ©ographiques sont connectĂ©es avec GeoNames. Le jeu de donnĂ©es a Ă©galement Ă©tĂ© intĂ©grĂ© au catalogue de correspondances corresSearch et enregistrĂ© sur Zenodo (DOI 10.5281/zenodo.57077822). Pour plus d’informations : https://dhdhi.hypotheses.org/6646.

2019- : Groupe de projet composé de Mareike König (cheffe de projet), Florence de Peyronnet-Dryden (élargissements), Hippolyte Souvay (élargissements des données) und Célia Burgdorff (traductions).

Voir Constance de Salm sur Twitter : https://twitter.com/constancesalm (projet lancé par : Anne Baillot, Mareike König, Eike Martin Löhden via AutoChirp)